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La mort, c'est chiant
 

« La mort, c’est chiant. » C’est ainsi qu’un proche d’un défunt dont les obsèques ont été célébrées à St Sernin a commencé sa prise de parole. Au moins, c’est direct. Ce n’est pas faux non plus. Le Christ est venu affronter cette question-là. Tout le Christianisme tourne est une réponse à cette question de la mort.

« La mort, c’est chiant » disait-il mais est-elle encore une question essentielle pour notre temps. La médecine (réjouissons-nous des progrès de la médecine qui nous permet de vivre mieux plus longtemps) et la science repoussent toujours plus loin les limites de la vie. Certains, adeptes du trans-humanisme, nous promettent un homme augmenté, amélioré grâce à la science. « La vie sans fin, c’est presque maintenant ! » pourraient-il dire.
D’un autre côté, il se trouve que certains embrassent la mort avec délectation. Non seulement le droit de décider de la mort est banalisé dès la conception de l’enfant mais encore la promotion de l’euthanasie gagne peu à peu les esprits.
Chaque fois, la mort est niée. Soit elle est niée comme limite à ma propre existence, soit elle est niée comme limite à ma volonté propre.

Pourtant, les limites ne sont pas en elles-mêmes mauvaises. L’humanité a besoin d’une limite pour entrer en relation. Les parents doivent mettre des limites à leurs enfants à la fois pour les protéger et pour protéger leur entourage.  Toute l’histoire du salut est aussi un rappel de cette limite que l’humanité sans cesse refuse. Tous les arbres du jardin étaient disponibles sauf un et ce fut le péché originel, l’humanité voulut bâtir une tour atteignant le ciel et Dieu dut disperser les peuples en multipliant les langues, les Dix commandements sont les limites à nos prétentions pour pouvoir vivre libre ensemble. La vertu de la limite est de réduire la prétention de toute-puissance qui siège au fond de notre cœur. Le déchainement de cette prétention n’entraine que morts et désolations et c’est la triste histoire de l’humanité.

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Mais la limite de la mort n’est pas celle que Dieu avait voulu pour l’homme. Jésus nous propose de supprimer cette limite (que Dieu n’a pas voulue) mais sans la nier (car elle est devenu le signe de toutes les limites). Jésus va prendre sur Lui le poids de ces limites, de toutes ces morts qui composent la mort. Toutes les limites dont l’humanité souffre (la surdité, la cécité, la mutité, les maladies, les lèpres, les paralysies, le mal moral du péché) sont portées et assumées personnellement par Jésus sur la croix. Elles seront englouties dans son tombeau pour que l’humanité renaisse, avec Jésus, par Lui et en Lui, libre de la mort.
Jésus nous associe à sa vie libérée du poids de ces limites en nous invitant à la foi en la vie, à l’amour du principe de la vie. « La vie éternelle, c’est qu’ils Te connaissent,  Toi, le seul vrai Dieu, et Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ.» Aimer Dieu tel que Jésus nous le fait connaître nous ouvre à cette vie. C’est pourquoi Jésus dit – et il faut le prendre au pied de la lettre : « Moi, je suis la Résurrection et la vie, qui croit en moi même s’il meurt, vivra. » En Jésus, pour celui qui croit, la mort n’est pas effacée mais dépassée, la souffrance n’est pas niée mais transformée, la vie n’est pas prolongée mais déployée dans l’éternité.
La messe est chaque fois une rencontre avec Jésus, Il nous visite jusque dans nos deuils et il nous interroge : « quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

 
Mise en ligne le Lundi 10 Avril, 2017