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Laïcité ... ouverte à la Transcendance
 

Même si ça en fait tousser plus d’un, la laïcité est née de cette parole de Jésus : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » On ne peut pourtant pas réduire, comme certains le font trop rapidement, la religion à la sphère privée et le non-religieux à la sphère publique. La Parole de Jésus reconnait l’autonomie de la sphère politique (César) mais il nous faut aussi reconnaître qu’à Dieu, tout est dû.

 

Dieu gouverne toute chose. Isaïe proclame de la part de Dieu : « Je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. »  Israël fait cette découverte que le Seigneur qui s’est révélé à lui gouverne le monde entier. Il domine tous les dieux ! Il est le Créateur du Ciel et de la Terre. C’est pourquoi lorsqu’un païen, le Roi de Perse Cyrus, va entreprendre de rétablir le peuple d’Israël sur sa terre, le prophète Isaïe y découvre la main de Dieu. Dieu agit sur tout et sur tous, même sur ceux qui ignorent le Dieu d’Israël ou le combattent.
L’Église professe à la suite d’Isaïe cette souveraineté divine, ce gouvernement divin et cette providence divine. Dieu met en œuvre sa volonté comme Il veut, quand Il veut, par qui Il veut. Il est assez puissant pour faire tourner en sa faveur les oppositions les plus frontales que les hommes peuvent Lui opposer. Cette souveraineté fonde notre prière pour qu’Il oriente toujours davantage le monde vers l’accomplissement de sa volonté. En somme, tout est à Dieu et la dignité de l’homme est de le reconnaître.  

Si tout est à Dieu, c’est qu’Il a créé le monde et Il l’a conçu selon un ordre. Dieu demeure fidèle à sa parole. Dans l’ordre de ce monde, il a donné aux hommes la capacité et l’intelligence d’organiser leur vie commune. La création par Dieu intègre une juste autonomie de réalités créées. De même que  les arbres portent du fruit selon leur espèce, l’homme animal social est invité à organiser sa vie collective, la cité politique que les hommes constituent et doivent organiser est de droit divin en quelque sorte. Les corps intermédiaires entre l’homme et Dieu – le couple, la famille, les groupements culturels et politiques, les Etats, les organisations internationales – sont donc légitimes « de droit divin »et ils doivent produire leur organisation selon les nécessités qui leur sont propres. Parmi ces nécessités, demeurent les impôts contreparties de l’organisation sociale.

La souveraineté divine et l’autonomie du politique nous garantissent des dangers de la théocratie et du sécularisme. La théocratie nie l’autonomie du politique en prétendant régir tous les aspects de la vie sociale à partir de prescriptions religieuses. La prétention de certains d’imposer à la société politique une norme religieuse fut-ce par la violence est même une négation de l’acte créateur et de la souveraineté de Dieu (comme si Dieu n’avait pas su ce qu’il faisait en établissant l’autonomie du politique). Le sécularisme réduit ce monde à sa matérialité sociale et économique en évacuant toute dimension spirituelle et religieuse de la société. L’évacuation de la religion de l’espace public et la disqualification du discours religieux comme irrationnel qui marquent la sécularisation de nos sociétés est négateur de la dimension spirituelle de l’homme.
Pour éviter ces deux dangers, nous sommes invités à toujours dire notre identité chrétienne dans notre vie sociale. Un exemple nous est offert aujourd’hui avec le Marathon de Toulouse. Parmi les coureurs, un groupe de chrétiens s’est constitué. Ils vont courir comme les autres et en même temps, ils vont porter un tee-shirt spécial pour dire à tous « la Paix soit avec vous. » Au milieu de cette course, ils porteront la Bonne Nouvelle. Ils partagent la vie des coureurs et affirment au milieu d’eux la Présence de Dieu.
Le Pape François bénit la laïcité qui demeure « ouverte à la transcendance. » A nous chrétiens, il appartient de savoir montrer, par notre vie et par nos paroles, la souveraineté divine en demeurant présents aux réalités sociales et politiques de notre temps.

Que cette Eucharistie nous fasse dire à notre temps la parole du Christ qui résonne en nos cœurs et que nous sachions présenter au Père, à travers le pain et le vin, fruit de la terre et du travail, la totalité de la vie de ce monde où Dieu veut faire advenir son Royaume dans les siècles des siècles.

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Jésus s’est méfié des actes de puissance qu’on lui a demandé de poser. Certes, Il a guéri des malades, multiplié les pains, apaisé la tempête, ressuscité des morts etc. Il a aussi refusé de le faire un certain nombre de fois. Ces signes-là n’étaient pas pour eux-mêmes mais au service d’une intériorité que Jésus voulait manifester : « pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur terre de pardonner les péchés, il dit au paralytique : lève-toi et marche ! » La puissance divine de Jésus se distingue parce qu’elle est au service du pardon et de la paix, au service de l’amour et de la vie.

Pourtant, Jésus n’est pas un apôtre de la faiblesse. Il vient soulager l’humanité du fardeau qui l’écrase. Il Lui faut donc être fort. Ce fardeau est celui de la mort morale du péché comme de la mort physique. Il vient « consoler son peuple » de sa tristesse, « retirer le voile de deuil qui couvrait toute les Nations », « donner la vie en abondance. » Pour cela, Il agit avec force et puissance mais pas avec violence. St Jean dans son Evangile n’a pas écrit : au commencement, était la force, mais au commencement, était le Verbe ; Il précise dans sa 1ere lettre en disant « Dieu est amour ». Jésus est fort en portant la croix, en souffrant sur la croix, en pardonnant par la croix. La Croix absorbe la violence de l’humanité et nous manifeste l’authentique puissance de Dieu qui est douceur et humilité. Cette douceur et cette humilité sont la parole, le verbe authentique d’un Dieu d’amour qui renverse le fardeau de la mort et du péché pour ouvrir les hommes à l’amour, pour offrir aux hommes la vie éternelle. La puissance divine que la résurrection exprime est tout, sauf une puissance de vengeance, de destruction ou de soumission. La résurrection est vie, joie et paix pour tous.  

Sachons reconnaître dans l’Eucharistie ce Christ doux et humble qui vient nous procurer le repos que nous désirons et accueillons sa force qui nous permettra de partager sa douceur maintenant et dans les siècles des siècles. 

 
Mise en ligne le Lundi 23 Janvier, 2017