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Parlons toutes les langues
 

« Ils se mirent à parler en d’autres langues. » Quelles langues parlons-nous ? Avons-nous conscience que nous avons plusieurs langues à pratiquer pour faire entendre « les merveilles de Dieu. » Voilà l’invitation de Pentecôte.

On aurait pu imaginer que Jésus, Parole Vivante de Dieu, étant venu en milieu juif, il y a 2000 ans, il aurait fallu pour saisir et proclamer l’Evangile, vivre comme Lui et parler la même langue que Lui. C’est ainsi que certaines religions idéalisent et sacralisent le temps, la langue et la culture de leur fondateur.
Il n’en est rien pour l’Evangile. Il est même remarquable que le témoignage et l’enseignement de Jésus nous soient parvenus en grec, c’est-à-dire dans une autre langue que celle, l’araméen, pratiquée par Jésus. Ce n’est pas un hasard de l’histoire mais une disposition providentielle que Pentecôte souligne. Ce qui a été vécu et proclamé dans le contexte et la langue des juifs a été transmis dans le contexte et la langue commune du moment, en grec. La version originale est inaccessible comme pour nous détourner de la tentation de idolâtrer une langue, une culture, une époque. Il n’est pas de langue sacrée, ni d’âge d’or qui doivent s’imposer dans la vie religieuse. La traduction d’une langue à une autre, d’un monde à un autre est constitutive de l’Evangile et de l’Église.

Il faut traduire et traduire en plusieurs langages, car toutes les langues ne disent pas tout et toutes ne disent jamais exactement la même chose. Chaque langue s’est développée dans des contextes géographique, climatique, historique et spirituel. Pour cela, elles ont acquis un caractère propre. Une langue n’est pas seulement un moyen de communication, elle est porteuse d’une culture et d’une vision singulière du monde. Chaque langue est comme un filet jeté sur la réalité du monde et les mailles de chaque filet ne coïncident pas toujours. Ainsi une langue n’est pas une façon différente de désigner les mêmes choses, mais bien un point-de-vue différent sur ces choses. « Bonjour » en français ne dit pas exactement la même chose que le grec « khaire » (réjouis-toi), le latin « vale » (porte-toi bien), et l’hébreu « shalom » (va en paix !).

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A cette diversité des idiomes, s’ajoute la diversité des modes d’expression eux-mêmes. La parole n’épuise pas le langage qui passe par le corps, par les gestes et par les actes.
Pour traduire complètement, il convient donc d’employer la variété des langages qui nous sont offerts puisque c’est ainsi que Jésus l’a fait en vivant parmi nous, en adressant la parole, en écoutant, en soignant, en servant, en instituant l’Eucharistie, en livrant son corps et en versant son sang.  Voilà la Parole intégrale traduite de multiples façons.

A exprimer quelque chose, autant dire des choses qui en valent la peine et « proclamer les merveilles de Dieu. » L’Esprit reçu à Pentecôte nous fait voir, nommer et « proclamer les merveilles de Dieu ». Il révèle la bonté et la multiplicité de l’œuvre de Dieuqui « lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé, assouplit ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rend droit ce qui est faussé. »
L’Esprit est aussi l’artisan d’une unité des personnes entre elles. Il est capable de surmonter les différences religieuses (hier entre « juifs et païens », aujourd’hui entre les formalismes religieux ou non et « l’engagement d’une conscience droite envers Dieu »), les différences sociales (hier entre « esclaves et hommes libres », aujourd’hui entre urbains et périphériques, insérés et exclus, employeurs et employés). La différence, source de conflictualité, est subvertie par l’Esprit qui l’articule en complémentarité pour former « un seul corps » qui est l’Église.
L’Esprit nous donne enfin le pouvoir de « remettre les péchés ». C’est le pouvoir d’absoudre mais aussi la mission de toute l’Église de déposer ce fardeau qui pèse sur nos contemporains.
Traduire l’Evangile avec les mots d’aujourd’hui, la vie fraternelle, la louange, la prière, le service de la charité, le combat pour la justice et la paix sont ces langages qui nous feront  « proclamer les merveilles de Dieu » à nos contemporains. Soyons attentifs à pratiquer toutes ces expressions.
Que cette Eucharistie ravive en nous l’Esprit dont nous et notre temps avons tant besoin pour chanter « les merveilles de Dieu » maintenant et dans les siècles des siècles.

 
Mise en ligne le Lundi 20 Février, 2017