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Le pécheur est toujours plus grand que son péché
 

Distinguer l’homme des ses actes, distinguer le péché du pécheur. C’est un vieil acquis de la révélation judéo-chrétienne et il me semble que cette distinction salvatrice est en train de s’estomper, de disparaître peu à peu des mentalités. Ce serait une perte du sens de Dieu et un grand drame pour les hommes et pour la société.

« Selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. » Le Roi David qui chante ce Psaume est à la fois menteur, adultère et criminel mais il est plus que cela. Grâce à l’aide du prophète Nathan, il a pris conscience de son crime et de son péché. Il en souffre et il sait qu’il devrait récolter la mort qu’il a semée. Il découvre aussi que Dieu est plus grand que son péché.
La distinction entre l’homme et ses actes introduit l’espace de la liberté. Cela permet de récompenser les actes méritoires et de sanctionner les fautes. Cela introduit l’espérance de la conversion des pécheurs.
La distinction entre un homme et ses actes, entre le pécheur et le péché, révèle aussi que Dieu n’est pas une horloge au mouvement perpétuel, un logiciel céleste inexorable ou une pure justice qui anéantirait fatalement les fautifs. Dieu est miséricorde. Il établit la création selon des lois certaines à connaître et à respecter mais la loi suprême est la miséricorde.

« Rends-moi la joie d’être sauvé. » Combien d’hommes sont écrasés par l’idée d’être réduits à leurs actes, sans même que ces actes soient graves ! Cette identification entre le péché et le pécheur est plus que culpabilisante, elle est mensongère et mortifère.

 
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La Bible nous révèle que l’homme est créé à l’image de Dieu. Il y a en l’homme une marque de Dieu permanente. Elle établit irrévocablement sa dignité d’enfant de Dieu et est toujours plus grande et plus solide que ses mérites ou que ses fautes. Le pécheur, le premier, a besoin de s’entendre dire qu’il demeure plus grand que son péché pour que, avec la grâce de Dieu, il développe une saine culpabilité pour donner à sa vie un cours nouveau.

« Aux pécheurs, j’enseignerai ton chemin. » La société aussi a besoin de croire que les hommes ne se confondent pas avec leurs actes. Cela est vrai de tout homme et pas seulement des pécheurs. Cela évite d’idolâtrer les héros et de maudire les fautifs. Surtout, cela évite à la société de s’imaginer pure et parfaite car elle est elle-même composée d’hommes faillibles et n’est jamais sans lien avec eux et leur faiblesse.
Sans cela, il n’y aurait, vis-à-vis des pécheurs, que bannissement, châtiment corporels ou peine de mort. On couperait la main des voleurs, on lapiderait les adultères, on tuerait les tueurs. Aucune réparation et aucune réintégration ne seraient possibles. On détruirait l’espérance.
La société ne peut que juger des actes car seul Dieu sonde les reins et les cœurs. Sur cette conviction, une société est légitime à mettre en œuvre un système de récompenses de bienfaits et de sanctions des fautes. Sanctionner les fautes est même une marque d’estime envers l’homme pécheur que l’on croit capable de s’amender, c’est l’espérance de sa capacité à réparer ses fautes, à vivre selon sa dignité première. Cela fonde notamment tous les efforts, publics et privés, de réinsertion sociale des condamnés.
Cette espérance envers les pécheurs est la garantie d’une société qui ne réduit pas tout le mystère du mal à des boucs émissaires et ne transforme pas ses membres à des condamnés en sursis.
Que cette Eucharistie où le seul Juste, le seul Innocent se livre aux pécheurs que nous sommes nous aide à vivre selon la miséricorde. C’est en elle seule que nous avons l’espérance de la vie éternelle.

 
Mise en ligne le Vendredi 23 Mars, 2018