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Le Dieu de la vie
 

Dieu n’a pas fait la mort ! Il est bon d’apprendre par cœur ce verset tant il est fondamental pour se rappeler cette vérité. Le Dieu vivant communique la vie, pas la mort ; la mort n’est pas dans le projet de Dieu. C’est d’autant plus nécessaire de se le rappeler que l’évidence semble contraire. Cette évidence de la mort autour de nous est telle que nous pourrions croire que Dieu s’en accommoderait. Or, l’Écriture est claire : Dieu n’a pas fait la mort ; c’est par la jalousie du démon que la mort est entrée dans le monde.

 

Tout d’abord, le Seigneur est le Dieu de la vie. La vie doit être ce premier mystère qui nous émerveille, qui nous étonne. La science nous en apprend chaque jour davantage sur la vie, sur les conditions extraordinairement complexes qui lui sont nécessaires ; elle nous dit aussi son extrême fragilité et son étonnante fécondité. Mais la science ne nous dit jamais que le comment des choses, elle ne nous dit pas le pourquoi. Cette vie, si complexe, si fragile, si rare dans l’univers, que ce doit être par un fait exprès qu’elle est apparue, trouve sa raison profonde dans le don que Dieu nous en fait. Je crois en Dieu le Père, créateur !Cette vie qui jaillit est la première bonne nouvelle que la création fait éclater. Le printemps, sous nos latitudes, nous en livre chaque année un témoignage éblouissant. Si Dieu est à la source de la vie, c’est que la vie est bonne. Elle est si bonne qu’elle s’identifie au règne de la justice. La vie est le premier bien que nous recevons ; le premier bien que nous avons à estimer parce qu’elle nous entretient de Celui qui est le Vivant par excellence, celui qui est la Vie elle-même : le Dieu tout puissant. La vie est le visage de Dieu, elle est toute la puissance de Dieu.

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Cette estime de la vie est pourtant mise à mal par ceux qui s’habituent à la mort, par ceux qui s’en font les prophètes. Le péché de notre temps est de développer une culture de mort, une culture où la mort est utile, où la mort est comprise comme une solution aux problèmes des vivants. Depuis Caïn et Abel, l’homme est capable de tuer son frère, la violence, le meurtre et la guerre se sont multipliés sans jamais régler les différends des hommes entre eux. Mais la mort gagne doublement la partie lorsqu’elle s’impose dans les faits et dans les esprits comme étant bonne et satisfaisante. Quand la mort est présentée comme une solution aux problèmes des vivants, elle ruine l’espérance d’une société. Comment alors s’étonner du nombre élevé des interruptions de grossesses qui non seulement détruisent une vie (+200000/an) mais endeuillent durablement les femmes et toute la société. Comment s’étonner de la revendication du suicide assisté faussement appelé euthanasie ? Il conviendrait de l’appeler assassinat autorisé ! Chaque fois, ces vies sont présentées comme inutiles, inopportunes ou sans valeur ; elles sont un problème dont la mort serait la solution. Chaque fois, la mort étend son empire. Peut-être que la joie a-t-elle disparue de nos pays non seulement après la 1ere et la 2eme guerres mondiales où la mort s’est déployée de manière démoniaque mais encore avec ces millions d’enfants qui ne sont pas nés, ces milliers de malades ou de vieux évacués de notre monde comme des déchets.

Il ne s’agit pas de nier le caractère parfois ou souvent tragique de la condition humaine. Mais ce n’est pas en se faisant complice de la mort que l’on sert la vie. Ce n’est pas en consentant au scandale de la mort que l’on sauve la vie. L’évangile nous montre que le Christ est venu vaincre et la mort et la séduction de la mort. Il est venu remplir la blessure de la tragédie humaine de sa propre vie. La femme de l’Évangile, dans son geste plein d’espérance, reçoit cette force de vie qui la guérit ; Jésus vient combler sa vie blessée ; plus encore, Jésus redonne la vie à la fille de Jaïre. Jésus est seul capable de vaincre la mort dans la chair et d’en ruiner la séduction dans les esprits. C’est pourquoi Jésus rejoint l’humanité au cœur du scandale de la mort et vient la combattre sur la croix pour mieux l’engloutir. Il purge la création de cette ombre hideuse et bouleverse la mort elle-même en en faisant un passage vers la Vie. Jésus nous invite à croire qu’il est Lui-même la Vie. La résurrection commence au fond de notre cœur et au plus profond de notre intelligence par un acte de foi en la vie avant de gagner, l’heure venue, ce qui fait notre corps. C’est pour avoir cru que Jésus était sa vie que Saturnin a pu accepter le martyre pour ne pas se séparer du Christ. C’est pour avoir vécu au plus intense de cette foi que la petite Thérèse de Lisieux a pu écrire sur son lit d’agonie : non je ne meurs pas, j’entre dans la vie.

Que cette Eucharistie où le Vivant se donne nous apprenne à aimer la vie dont nous sommes les dépositaires et à nous en faire les serviteurs.

 
Mise en ligne le Lundi 9 Juillet, 2018