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Les Mages : prophétie d'une diversité appaisée
 


Les Mages sont la prophètie d’une diversité apaisée. La tradition du Moyen-Âge les a fait venir de l’Afrique, de l’Asie et d’Europe, représentants les continents connus avant la découverte de l’Amérique. Ces Mages nous parlent de l’humanité en mouvement, ils nous dévoilent aussi des chemins de fraternité pour que la diversité se conjugue avec l’unité et la paix.

« Homo viator. » Depuis que l’homme a quitté le Jardin d’Eden, il est sur la route. Le repos que Dieu lui avait accordé, le Paradis terrestre, est inaccessible. L’homme est désormais en quête d’une terre où vivre et demeurer, une terre où être heureux.
Les Mages endossent cette qualité de voyageur en se mettant en route selon le chemin qu’indique l’étoile. Leur présent n’est pas suffisant. Leur vie, là où ils sont nés, manque d’une rencontre qu’ils désirent vivre. Pour s’enrichir de cette rencontre, ils doivent quitter leur pays, prendre le risque d’un voyage. Ils partent aussi avec le meilleur d’eux-mêmes mais pour l’offrir, pour s’en défaire.
Aujourd’hui, chacun de nous est appelé à partir, plus ou moins loin, pour vivre. L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme. L’homme religieux comme Abraham doit quitter son pays pour aller vers le pays que Dieu lui indiquera, et les pèlerinages, notamment, expriment cette route-là. Certains vivent un départ contraint, comme la Ste Famille l’a expérimenté, pour cause de persécution. La misère et la guerre sont hélas des raisons qui chassent des populations des terres qui les ont vu naître. L’homme porte en lui un désir de bonheur et le goût d’une demeure qui le poussent, de gré ou de force, sur les routes de la vie.

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Sur leur route, les Mages se rapprochent et se révèlent les uns aux autres. Le temps du voyage est un temps passé ensemble, un temps d’accueil réciproque. Ils découvrent ce qui leur est commun comme ce qui les distinguent. La diversité n’est jamais si grande qu’elle effacerait la ressemblance. (Un reportage « RV en terre inconnu » avec K. Adam partageant la vie du peuple Suri d’Ethiopie témoignait de cette ressemblance.) Il ne faut pas sous-estimer ni mépriser les difficultés que les différences peuvent faire naître ; elles réclament de la compréhension et de la réflexion. Pourtant la ressemblance s’enracine plus profondément, dans une origine commune qui vient de Dieu. La réciprocité de ce travail de découverte des diversités devient alors un chemin de reconnaissance de l’unité ultime. Sous l’épaisseur des cultures, des langages, des coutumes, une seule et unique humanité.

« Les Mages se prosternèrent. » Leur mouvement s’interrompt dans l’adoration dont ils font l’hommage à l’Enfant Jésus. Ils découvrent leur demeure. St Augustin écrivait : « Tu nous as fait pour Toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi. » Ils déposent leurs présents, le meilleur d’eux-mêmes qu’ils avaient emportés. Plus tard, ce sera, la question des disciples qui à Jésus : « Où demeures-tu ? »
Les Mages nous indiquent que notre vraie demeure est avec Jésus. Jésus est l’intersection du Ciel et de la Terre, le Verbe fait chair, la lumière de Dieu incarnée en histoire humaine. Fort de cette découverte, ils repartent allégés des offrandes accomplies, mais remplis de la lumière du Christ. Cette lumière reçue du Christ devient leur plus précieux trésor. Peut-être ont-ils compris que désormais « toute terre étrangère leur est une patrie et que toute patrie une terre étrangère » et pour cela ils repartent par un autre chemin. Nous devenons des citoyens du Ciel en pèlerinage sur la Terre. Cette communauté de pèlerins s’appelle l’Église et elle porte en elle le désir et la mémoire de cette rencontre avec Jésus.  L’Église offre à ce monde un art de la rencontre et de la vie fraternelle, un art du dialogue où les uns et les autres apprennent à donner comme à recevoir, où la diversité ne nie pas l’unité et où l’unité n’efface pas la diversité, où le chemin se fait demeure.

Que cette Eucharistie, sacrement de la présence du Christ, nous aide à être vraiment l’Église du Seigneur ici, maintenant et dans les siècles des siècles. 
 
Mise en ligne le lundi 7 janvier
 
Vendredi 11 Janvier, 2019