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Eglise et fruits pourris

 

« Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. » En appliquant cette parole à l’actualité médiatique de l’Église, nous serions en droit de nous demander quel type d’arbre est donc l’Église ?
Les fruits pourris. La presse nous rapporte régulièrement, parfois avec une complaisante délectation, différents faits commis par des ecclésiastiques en contradiction avec l’Evangile et avec leurs engagements, en particuliers en ce qui concerne la morale sexuelle. Il y a l’inconduite, plus ou moins publique ou plus ou moins habituelle, de certains « qui disent et ne font pas. » Il y a les abus spirituels et sexuels sur les personnes vulnérables et qui causent un « scandale envers les plus petits. » Il y a aussi la carence ou la faute dans le gouvernement de l’Église par ceux qui en ont la charge préférant un silence de sécurité à court terme à « la vérité qui rend libre. »
Malgré des intentions mélangées, la sévérité de notre époque avec l’Église est le signe qu’elle attend des baptisés et de la hiérarchie ecclésiastique quelque chose de plus que d’elle-même. Mais sont-ce là des fruits de l’Église, les fruits de la prédication de l’Evangile, de la prière fervente, de la célébration des sacrements ? Evidemment non ! Il s’agit plutôt de cette complicité que l’homme, fût-il d’Église, continue d’avoir avec le mal et le péché.
De natures différentes et à des degrés divers qu’il faut savoir distinguer, cela reste les fruits pourris de l’égoïsme, de la malhonnêteté et de l’orgueil. La séduction et la contagion du mal sont puissantes. Si St Pierre a pu renier le Christ, il ne faut pas s’étonner que demeurent dans l’Église de tels scandales. Par contre la victoire du mal serait complète si nous cédions à la tentation de renoncer à l’ambition de l’Evangile à cause de la médiocrité, des turpitudes ou des crimes de ministres de l’Église. L’Evangile est à la fois le révélateur et le remède à notre mal.

 

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De bons fruits. Les bons fruits que nous aimons voir sont « les fruits de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » Chaque fois que ces fruits-là sont portés, il y a l’Esprit. Quand des œuvres de charité révèlent et relèvent la dignité des personnes, quand une authentique justice est promue dans les relations humaines, dans les rapports sociaux et économiques, quand la joie renait chez ceux qui ont été abandonnés, quand l’Evangile est proclamé… il y a là l’Église dans sa vérité. Voilà les fruits que Jésus fait porter par les uns et les autres.
Complexité. Il y a une tentation manichéenne à rejeter : celle du tout blanc ou du tout noir. Tout homme est et reste une histoire sacrée qu’il faut savoir protéger, susciter et encourager.
Il y a donc ce que nous sommes en droit d’attendre les uns des autres et ce que chacun est en devoir de donner. C’est ainsi que l’Église attend de chacun qu’il se donne les moyens de se conformer à son état de vie, que le crime soit nommé, dénoncé et puni  (car la miséricorde divine n’a jamais supprimé la justice des hommes) et que la prudence dans le gouvernement offre une maison sûre à ceux qui, spécialement les plus vulnérables, la fréquentent.
L’Église porte en elle la lutte que le Christ livre au péché. Illuminée par le Christ, l’Église est la plus à même à trouver les raisons et la force de se convertir et d’entrainer avec elle ce monde qui n’est pas innocent, marqué en profondeur par le mensonge, l’injustice et la violence. La conversion n’est pas une option, elle est le chemin que chacun d’entre nous doit prendre et reprendre pour entrainer le monde entier à la miséricorde. C’est l’œuvre de la Rédemption et l’Espérance qu’elle fait naitre chez les uns et les autres.
Toutefois, la grâce de la Rédemption n’est pas magique. Elle réclame la vérité qui doit être dite à ceux qui ont le droit de l’entendre et une réparation authentique pour ceux qui ont été offensés afin ouvrir un avenir aux blessés comme à ceux qui ont blessé. L’histoire de la Rédemption est pleine de ces exemples de débauchés devenus chastes, de malfrats devenus saints, et de victimes intercédant pour leurs bourreaux. L’Église est cet arbre rare fait de l’Espérance du Salut, ce trésor que nous avons à partager.
Que cette Eucharistie où le Seigneur transforme la boue de notre vie en or de la sienne, où « ce qui est périssable devient impérissable » nous aide à prendre les chemins de conversion qui diront à ce monde la miséricorde de Dieu maintenant et dans les siècles des siècles.

 
Mise en ligne le 4 mars