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Fils aîné

 

« Quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! » La parabole du fils prodigue n’est pas d’abord pour les fils prodigues. Elle s’adresse à ceux qui ressemblent au frère ainé. Jésus s’adresse d’abord aux scribes et aux pharisiens. Jésus veut leur faire entendre ce qu’ils ne comprennent pas de son attitude envers les pécheurs.

La parabole ne reproche pas au fils aîné ce qu’il fait. Le frère aîné travaille bien comme les scribes et les pharisiens font ce qu’il faut faire. Il connaît les règles et il les respecte. Il est méritant. Il est dans les clous. C’est important, d’ailleurs. Aujourd’hui, si la Loi de Moïse ne s’applique plus, la Loi du décalogue demeure et les lois des hommes restent nécessaires à la vie sociale.
Jésus ne vient pas abroger la Loi. Nous savons bien que la vertu de Loi des 10 commandements est de protéger les faibles et de permettre la vie sociale. Ils sont même des conservateurs d’avenir pour les enfants et les plus vulnérables. Ces interdits fondamentaux ne sont pas des prescriptions négatrices de la liberté mais au contraire elles lui offrent le cadre où se déployer. Le respect de la Loi n’est pas facultatif.

Jésus souligne que la Loi renvoie à une Autorité, à une Personne, le Père. Le fils aîné pratique la Loi de manière extérieure sans en saisir le lien vital avec le Père qui en est la source. Le fils aîné pratique l’obéissance à la Loi mais cette Loi est devenue une idole, une loi pour elle-même. Le Père ne serait plus qu’un prescripteur, un donneur d’ordres auquel il obéirait.

 

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La loi ainsi perçue est un obstacle à la relation avec le Père comme avec les autres. C’est pourquoi il ne trouve pas de joie dans la Loi, parce qu’il a vécu comme l’un des ouvriers. Il y a une profonde ressemblance entre els deux frères en ce qu’ils se méprennent sur leur Père ! Cette perte du sens vital de la Loi entraine la perte du sens des relations. Son frère n’est plus que « ton fils que voilà ». Son lien de fraternité est anéanti par la prédominance de sa pratique de l’obéissance. Son lien de filiation est lui-même altéré. Il n’a pas vu pendant tout ce temps que ce qui était au Père était aussi à lui et dans sa colère, il refuse de rentrer dans la maison du Père. Il a oublié que la Loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la Loi.
« Après avoir dévoré ton bien avec les prostituées. » De même que l’herbe est plus verte dans le pré du voisin, de même son péché est toujours plus grave que le mien. Il n’est pas besoin de partir dans un pays lointain pour s’éloigner du Père. La mesure du péché est difficile et chacun a tendance à se justifier de sa propre faute. Jésus nous engage à ne pas juger notre prochain mais à examiner la poutre qui est dans notre œil
Il y a des péchés graves et des péchés véniels. Mais même les péchés véniels ne sont pas sans gravité. Parmi les péchés graves, il y en a de plus graves que les autres. Cela s’apprécient selon le caractère définitif de la faute : le meurtre plus que le vol.
La qualité des personnes lésées (enfants ou adultes, ascendants, descendants ou personnes extérieures, personnes vulnérables ou personnes dans la plénitude de leurs moyens) permet de mieux apprécier cette gravité. La conscience de la Loi, la liberté intérieure et l’intention sont encore des facteurs d’appréciation de cette gravité. Le péché par malice, par choix délibéré du mal en tant que tel, est  le plus grave.
Mais n’oublions pas que pour les victimes de nos péchés, ceux-ci sont toujours graves.
La bonne nouvelle est que nous pouvons toujours revenir du péché. Le Père supplie le fils ainé de rentrer à la maison et de se joindre à la fête comme il avait scruté l’horizon dans l’espérance de voir revenir son fils cadet. Il ne cesse pas de nous supplier de quitter l’endurcissement du péché, de voir et d’aimer les chemins de la vie pour soi comme pour les autres. Le sacrement de la réconciliation est le signe et l’instrument de ce chemin de restauration de nos relations avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes. Le Carême est un temps de restauration et de conversion  que nous sommes appelés à vivre ensemble.

Que cette Eucharistie où le Fils unique nous partage sa vie de communion avec son Père nous aide à entrer dans la plénitude de la loi chrétienne : nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés. Ce sera notre festin dans les siècles des siècles.

 
Mise en ligne le 1er Avril